Angélique Thébert, née en 1979, effectue ses études de philosophie à l’Université de Rennes 1. Elle obtient l’agrégation en 2002. Elle est allocataire-monitrice au département de philosophie de l’Université de Nantes entre 2004 et 2007, puis boursière de la fondation Thiers (Institut de France) entre 2007 et 2008. Elle prépare une thèse de philosophie, intitulée « Les propositions du sens commun : une solution reidienne au problème du critère ». Elle enseigne actuellement au lycée Raoul Vadepied, à Evron (53).
Emission 10/25 du 1 août 2009 des Rencontres de Sophie : Lettre "P" comme Petite mort
Présentation : Loin de nous conduire à réfléchir exclusivement sur l'expérience intime de l'orgasme, l'expression « petite mort » invite aussi à une réflexion sur la mort elle-même, notre rapport au temps et à autrui. L'objectif est de montrer que les conceptions de la mort, du temps et du rapport à l'autre que cette expression emporte dans son sillage sont inadéquates. Généralement, l'orgasme est considéré comme une petite mort soit parce que, comme la mort biologique, il succéderait à une tension du corps, et se prolongerait par un apaisement, un silence ; soit parce que la mort en ferait partie intégrante : la mort symbolique d'un tiers, ou la mort concrète d'un individu, serait la condition de réalisation de l'orgasme. Accepter cela supposerait que nous acceptions l'idée selon laquelle, dans le plaisir érotique, violence serait faite à nous-même, puisque notre personnalité serait morte pendant que notre corps s'exprimerait par convulsions ; violence serait faite à autrui, qui ne serait considéré que comme un simple objet permettant d'assurer notre jouissance ; et violence serait faite au temps, puisqu'on installerait un intervalle atemporel au cœur même du vécu. Autant d'implications qui sont successivement démantelées.