Les dernières émissions de l'abécédaire 2009 "Vivre et mourir"
Présentation : Les Editions M-Editer, en partenariat avec l'association Philosophia et le Lieu Unique qui ont récemment organisé les neuvièmes Rencontres de Sophie à Nantes les 13-15 mars 2009, vous proposent de retrouver, en accès libre, et ceci tous les quinze jours (les 1er et 15 de chaque mois) une lettre de l'Abécédaire (mini-conférence de 20').
Présentation : « Des goûts et des couleurs, on ne discute pas » : untel aime la musique baroque tandis que l'autre n'a d'oreilles que pour le jazz manouche. Dès lors, il semblerait bien que notre capacité à juger du beau relève d'une affaire de sensibilité individuelle, ce qui expliquerait que mon goût se distingue toujours du goût des autres. Pourtant, dans l'enthousiasme d'une découverte esthétique ou au contraire dans la fréquentation approfondie d'une œuvre, nous faisons aussi l'expérience fréquente d'un consensus sur le beau. Alors, pouvons-nous parvenir à nous entendre avec autrui sur nos jugements de goût ?
Ecouter la conférence (19') : Peut-on juger le goût des autres ?, Caroline BAUDOUIN
Caroline BAUDOUIN est Professeur de philosophie, chargée de cours au département de philosophie de l'Université de Nantes.
Présentation : À la logique concurrentielle du marchand on peut être tenté de préférer un échange paisible relevant du don. Mais le rêve d'une relation aux autres qui serait pacifiée par le simple fait qu'elle serait libérée de l'argent, du profit et de l'intérêt économique, n'est-il pas porteur de terribles illusions ?
Ecouter la conférence (15') : Echange par Jean-Marie FREY
Jean-Marie FREY est Professeur en classes préparatoires aux Grandes Ecoles aux Lycées Chevrollier et Bergson à Angers.
Emission 18/25 du 1 janvier 2010 : Lettre "X/Y" par Philippe FOREST
Présentation : L'énigme de la différence sexuelle gît au centre même de l'énigme (l'autre, la même) que constitue pour chacun le sort d'être un vivant voué à la mort. Pourquoi? La science le sait qui a réponse à tout. Elle explique que la nature lie logiquement la procréation à la disparition. Tout cela répondant à un pur et très logique principe d'économie que Samuel Beckett exprime bien lorsqu'il explique: "L'humanité est un puit à deux seaux. Pendant que l'un descend pour être rempli, l'autre monte pour être vidé". Vérité à laquelle il donne un tour plus tragique quand il écrit encore: "Elles accouchent à cheval sur un tombeau. Le soleil brille un instant et c'est la nuit à nouveau" C'est donc de ce côté qu'il faut penser la relation du sexe à la vie et à la mort. Quelqu'un (Georges Bataille, bien sûr) l'a fait, faisant tenir sa pensée dans une phrase, la première de son grand livre, L'Erotisme, devenue justement célèbre: "De l'érotisme, écrit-il, il est possible de dire qu'il est l'approbation de la vie jusque dans la mort".
Ecouter la conférence (20')
Philippe FOREST est écrivain et professeur de littérature française à l'Université de Nantes.
Emission 1/25 : Lettre "V" comme "Vivre bien" ou « Penser la mort pour vivre bien », une relecture d’Epicure pour tordre le cou à quelques idées reçues. par Jean-Luc NATIVELLE
Abstract : Dans la représentation courante qu’on s’en fait, Epicure est le penseur du « carpe diem », le jouisseur qui se saisit de tout plaisir passant à sa portée. En réalité rien n’est plus contraire à sa pensée. Loin de n’avoir que l’immédiat comme objet, Epicure élabore une vraie pensée de la vie sur le long terme, et intègre à sa démarche une pensée de la mort, en tant qu’elle est constitutive de sa conception du bonheur.
Jean-Luc Nativelle est rofesseur agrégé de Philosophie au lycée Jules Verne et en classes préparatoires au Lycée Carcouët à Nantes.
Emission 3/25 du 15 avril 2009 : Lettre "L" comme Linceul par Yves TEXIER
Abstract : Linceul pourpre ou linceul blanc ? - Sa résurrection étant un phénomène impossible, Renan a rangé Jésus le Christ avec les autres « dans le linceul de pourpre où dorment les dieux morts ». Les Athéniens avaient opposé le même scepticisme à l’apôtre Paul : comment croire des témoins qui disent avoir revu vivant un crucifié ? Quant à l’argument du tombeau trouvé vide, où la vue des linges abandonnés a suscité la foi de Jean, il reste sous-estimé : le suaire et le linceul blanc de Joseph d’Arimathie n’ayant pas été dérangés, le “corps glorieux” de Jésus avait donc dû les traverser pour disparaître...
Yves TEXIER, études de lettres classiques et de philosophie, DES de philosophie, agrégé de grammaire, doctorat d'études latines, est maître de conférences honoraire de l'Université Michel de Montaigne-Bordeaux III.
Emission 4/25 du 1 mai 2009 : Lettre "C" comme Carpe Diem par David LEBRETON
Présentation : Depuis que le poète Horace l’a proposée comme règle pour une vie heureuse, la devise « carpe diem » a fait florès et n’en finit pas d’être adoptée, reprise et actualisée. Mais cette postérité philosophique, poétique et populaire s’accompagne souvent de quelques malentendus qui la transforment en invitation effrénée à la jouissance. Dans ces conditions – et si l’on veut que le carpe diem continue à jouer son rôle de boussole dans la poursuite d’une belle vie – il paraît indispensable de soumettre cette idée à un examen critique, apte à en faire ressortir aussi bien la richesse que les limites.
David LEBRETON est grégé de philosophie et il enseigne actuellement au lycée François Rabelais de Chinon (Indre-et-Loire).
Emission 5/25 du 15 mai 2009 : Lettre "R" comme Revivre par Antoine GRANDJEAN
Présentation : Voudriez-vous revivre ? Cette question sert une évaluation immanente de la vie, jamais possible autrement que dans sa confrontation à sa propre suspension. Les philosophes divergent quant au sens de la réponse : un non, par exemple, peut accuser la vie, comme dire la satisfaction de celui qui n’entend pas recommencer ce qui fut bien mené. Par-delà le conflit des interprétations, et contre toute confiscation philosophique de la réponse, on voudrait reconduire à l’urgence de la question, tout en rappelant que la totalisation immanente de l’existence ne saurait jamais être close.
Antoine GRANDJEAN est maître de conférences en philosophie à l'Université de Nantes.
Emission 6/25 du 1 juin 2009 : Lettre "Q" comme Question de vie ou de mort par Jean-Claude DUMONCEL
Présentation : Pour la philosophie, la mort n’est pas seulement un objet (comme quand on se demande s’il y a une survie). La philosophie a toujours été prise dans un dilemme : être ou bien « commentaire de la mort » comme le dit Cicéron ou bien « méditation non de la mort mais de la vie » comme le pensera Spinoza. Mais cela ne fait que nous conduire au seuil de Dostoïevski et Deleuze : là où les questions de vie ou de mort elles-mêmes sont subordonnées à une question plus urgente qui est aussi une question inconnue.
Jean-Claude DUMONCEL enseigne la philosophie des mathématiques à l'Université de Caen et vient de faire paraître aux Editions M-Editer Deleuze face à face.
Emission 7/25 du 15 juin 2009 : Lettre "B" comme Bonheur par Jean-Marie FREY
Présentation : Nous sommes inquiets. Nous ne savons pas si nous sommes des âmes immortelles ou bien des corps qui vont vieillir, puis se dissoudre, devenir des choses lorsqu’ils seront réduits à l’état de cadavres. Mais en essayant de fuir cette inquiétude, nous découvrons la peur ou l’angoisse. La conscience de notre sort mortel est-elle incompatible avec la vie heureuse que nous désirons ?
Jean-Marie FREY est Professeur en classes préparatoires aux Grandes Ecoles aux Lycées Chevrollier et Bergson à Angers. Il est chargé de cours à la Faculté de Pharmacie d'Angers. Il est l'auteur notamment de "Bonheur et communauté", "Libertinage", "Utopie", "L'Ordre établi", "Libéralisme", "Vérité" et vient de faire paraître aux Editions M-Editer "Oublions la mort !" dans Pourquoi vivre si c'est pour mourir ?.
Emission 8/25 du 1er juillet 2009 : Lettre "A" comme Authenticité par Caroline BAUDOUIN
Présentation : « Soyez vous-mêmes ! » est devenu une injonction courante de notre société post-moderne, qui fait de l’authenticité une valeur suprême à laquelle l’individu doit se conformer s’il veut réussir sa vie et trouver le bonheur. Mais qu’est-ce véritablement qu’être authentique ? Est-on authentique de façon spontanée ou le devient-on par un apprentissage ? Comment devenir soi-même ? En examinant de près cette notion, on se propose de poser les fondements d’une morale de l’authenticité.
Caroline BAUDOUIN est Professeur de philosophie, elle enseigne au lycée Renaudeau à Cholet et est chargée de cours au département de philosophie de l'Université de Nantes.
Emission 9/25 du 15 juillet 2009 : Lettre "N" comme Nubile par Guy ROUSSEAU
Présentation : Le mot nubile a quasiment disparu du vocabulaire contemporain. Est- ce l’effet de désuétude d’un signifiant ancien, ou bien la dénégation frileuse du moment éphémère de surprise et d’effroi marquant l’irruption violente des pulsions chez l’enfant ? Signifiant d’un franchissement entre enfance et adolescence, il ne peut se dispenser de l’Autre, son regard et son dire. C’est pourquoi il est aussi le signifiant de la création.
Le peintre Balthus n’exprime rien d’autre quand, subvertissant l’ordre social, il lève le voile sur la nubilité de très jeunes filles au corps juvénile et ambigu, jouant sur l’infantile et son impudeur pour montrer, sans le dire,ce qui les déborde.
Emission 10/25 du 1 août 2009 : Lettre "P" comme Petite mort par Angélique THEBERT
Présentation : Loin de nous conduire à réfléchir exclusivement sur l'expérience intime de l'orgasme, l'expression « petite mort » invite aussi à une réflexion sur la mort elle-même, notre rapport au temps et à autrui. L'objectif est de montrer que les conceptions de la mort, du temps et du rapport à l'autre que cette expression emporte dans son sillage sont inadéquates. Généralement, l'orgasme est considéré comme une petite mort soit parce que, comme la mort biologique, il succéderait à une tension du corps, et se prolongerait par un apaisement, un silence ; soit parce que la mort en ferait partie intégrante : la mort symbolique d'un tiers, ou la mort concrète d'un individu, serait la condition de réalisation de l'orgasme. Accepter cela supposerait que nous acceptions l'idée selon laquelle, dans le plaisir érotique, violence serait faite à nous-même, puisque notre personnalité serait morte pendant que notre corps s'exprimerait par convulsions ; violence serait faite à autrui, qui ne serait considéré que comme un simple objet permettant d'assurer notre jouissance ; et violence serait faite au temps, puisqu'on installerait un intervalle atemporel au cœur même du vécu. Autant d'implications qui sont successivement démantelées.
Angélique THEBERT est agrégée de philosophie et enseigne actuellement au lycée Raoul Vadepied, à Evron (53).
Emission de l'abécédaire des Rencontres de Sophie 2009 "Vivre et mourir" 11/25 du 15 août 2009 : Lettre "G" comme Gâchis par David Morin-Ulman
David MORIN-ULMANN est Docteur en Sociologie. Études de Droit et de Philosophie. Plasticien. Chercheur rattaché aux Laboratoires Culture & Communication EA 3151 Avignon et LESTAMP, Nantes.
Emission 12/25 du 1 septembre 2009 : Lettre "M" comme Mort dans l'âme par Evelyne GUILLEMEAU
Présentation : Faire quelque chose « la mort dans l’âme » signifie à contre cœur, mais l’expression est paradoxale car cet affect est une preuve de vie, aussi vaine soit-elle. Vivre la « mort au cœur » c’est se sentir comme mort au monde et traîner son existence tel un mort-vivant. Cet état mental est-il accidentel ou constitutif du sujet qui l’éprouve, est-ce l’expression du tempérament mélancolique ou une expérience inhérente à la condition de mortel conscient de soi ? S’agit-il de guérir de cette maladie ou bien d’en tirer un enseignement ? A quelle condition peut-elle devenir une expérience salutaire ?
Evelyne GUILLEMEAU est professeure de philosophie, agrégée et Docteur en philosophie.
Emission 13/25 du 15 septembre 2009 : Lettre "J" comme Joie par Jean-Claude PINSON
Présentation : Faire quelque chose « la mort dans l’âme » signifie à contre cœur, mais l’expression est paradoxale car cet affect est une preuve de vie, aussi vaine soit-elle. Vivre la « mort au cœur » c’est se sentir comme mort au monde et traîner son existence tel un mort-vivant. Cet état mental est-il accidentel ou constitutif du sujet qui l’éprouve, est-ce l’expression du tempérament mélancolique ou une expérience inhérente à la condition de mortel conscient de soi ? S’agit-il de guérir de cette maladie ou bien d’en tirer un enseignement ? A quelle condition peut-elle devenir une expérience salutaire ?
Ecouter la conférence (20')
Jean-Claude PINSON est Maître de Conférences à l'Université de Nantes où il enseigne, principalement, la philosophie de l'art.
Emission 14/25 du 1 octobre 2009 : Lettre "E" comme Euthanasie par Jacques RICOT
Présentation : L’euthanasie, dans l’usage contemporain renvoie au fait qu’un tiers mette délibérément fin à une existence dans le but de supprimer la souffrance d’une personne, mais cette signification contemporaine du mot ne coïncide pas avec son ancêtre étymologique qui renvoie seulement au fait de procurer une mort douce par des moyens humains et médicaux appropriés, mais sans qu’il soit question de donner délibérément la mort. Un devoir de clarification s’impose.
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Jacques RICOT est chargé de cours de bioéthique au département de philosophie de l’Université de Nantes, membre du bureau de l’association Philosophia.
Emission 15/25 du 15 octobre 2009 : Lettre "F" comme Finitude par Joël GAUBERT
Présentation : Si par « finitude » on entend le fait objectif pour l'homme d'être limité dans son corps, son coeur et son esprit, mais aussi et sans doute surtout le sentiment subjectif qui en découle d'une angoisse insistante relative à la contingence d'une existence dont la temporalité finie la destine à une mort assurée, la question se pose de savoir s'il est possible, tout simplement, et même souhaitable, finalement, de vivre avec ce mourir qui travaille tout un chacun jusque dans son plus for intérieur.
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Joël GAUBERT est Professeur agrégé de philosophie en classe préparatoire littéraire (Khâgne) au lycée G. Clemenceau de Nantes, Vice-président de la Société Nantaise de Philosophie et Secrétaire de l'association Philosophia.
Emission 16/25 du 1 novembre 2009 : Lettre "O" comme Orient par Patrick LANG
Présentation : « Il n’y a que les Orientaux qui sachent vivre !… J’irai mourir en Orient ». Depuis la traduction des Mille et une nuits, l’Orient fait rêver. Les romantiques inventent le Voyage en Orient, comme voyage initiatique : quête métaphysique d’un absolu, métaphore de la vie, de ce « voyage que nous accomplissons et qui nous accomplit », et que la philosophie a pu appeler l’itinéraire.
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Patrick LANG, agrégé et docteur en philosophie, agrégé d'allemand, ancien conseiller pour l'éducation artistique au ministère de la culture, est maître de conférences en philosophie à l'Université de Nantes.
Emission 17/25 du 15 novembre 2009 : Lettre "W" comme WUWEI par Roland DEPIERRE
Présentation : L’homme, selon la modernité occidentale, prend conscience de lui-même dans sa finitude. Il sait que vivre c’est agir, que vivre c’est désirer, que vivre c’est avoir souci de soi et des autres, mais que la mort, certaine, sera la fin du désir, la fin de l’agir, la fin de l’amour. Il sent que leur transmutation dans un salut céleste est plus qu’incertaine, que son annonce est devenue inaudible. Aussi, écoute-t-il la voix venue de l’Orient : Et si vivre c’était non-agir ? Si la vitalité c’était de ne plus éprouver le manque, mais de se nicher dans une totalité perdue et d’y retrouver une plénitude oubliée ?
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Roland DEPIERRE est professeur de philosophie à l’IUFM des Pays de Loire à Nantes, retraité. Membre du Groupe de Recherches : Education Civique et Modernité. A enseigné sept années en Chine. Chargé de cours de civilisation chinoise à l’Université de Nantes.